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AYTYCH


Aytych est un concours entre deux akyns. Le terme « akyn » est employé au cas où il s’agit d’un homme qui raconte des poésies de façon impromptue, ce qui ressemble à peu près l’exécution des ménestrels en Europe. Deux exécutants sont debout ou assis à une certaine distance l’un de l’autre. Ils se donnent les répliques dans leur duel de chançon-poésie, en saisissant les paroles et les idées de l’opposant dans le mélange rythmique du chant et des exclamations.

Les akyns  se produisent à tour de rôle. En exécutant les chansons, ils créent une sorte de dialogue musical à la manière de discussion. L’aytych a encore le nom de « alym sabak », ce qui peut être traduit comme « continuer la ligne » : c’est-à-dire un akyn commence la discussion par « l’argument », l’autre doit continuer dans le même style. Ils ont à improviser à n’importe quel thème proposé….et pendant des heures et des heures ils peuvent improviser à propos de sujets différents : à commencer par la beauté de l’univers jusqu’au plaisir de savourer un bol de thé. Le vainqueur de cette compétition deviendra celui qui manifestera les meilleurs résultats en musique, en rythme, en esprit, en finesse.

Les concours traditionnels d’akyns représentent habituellement les exécutions de deux akyns. Mais le nombre de participants peut être plus grand. Il y avait des cas où des spectateurs se joignaient aux akyns ! D’habitude l’akyn s’accompagne du komouz.

À l’attention des visiteurs de ce site est proposée une petite vidéo, manifestant l’exécution paire d’akyns. La vidéo a été tournée en automne 2009 au village Bokonbaévo (région Issyk-Keul, bord sud du lac Issyk-Keul). Les exécutants sont : Aygul Berdigoulova– exécute le rôle de femme, Djoldoubay Djaparov exécute le rôle d’homme. Le sujet de narration est basé aux répliques mutuelles sur les relations de sexe.
Cette vidéo est destinée à sa présentation de prise de connaissance, c’est pourquoi il est permis de la copier et distribuer aux buts non lucratifs.

 

Opérateur : Olga Zaytchenko, Sands Design studio

Durée : 2:56

Format: Wmf (Winamp Media File)

Volume du fichier: Environ 19 Mb

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MANASTCHYS


« Il y eut longtemps de cela et ses témoins n’y sont plus ». C’est par ses paroles que les manastchys commencent leur chant sur les exploits de Manas — héros légendaire des Kirghiz. La littérature traditionnelle de l’Asie Centrale existait sous forme de chansons, de poèmes et d’histoires exécutés par les ménestrels errants (« akyns » à la kirghize). Le peuple kirghiz a tout un cycle de telles légendes sur le héros portant le nom de Manas et ce cycle est de 20 fois plus long que «  L’Odyssée ». Les akyns qui peuvent les raconter, sont appelés manaschys. Dans le domaine du passé il y a eu quelques manastchys célèbres, parmi lesquels on peut citer Manastchy Saguinbay, Toktogoul, Togolok Moldo. À Bichkek il y a les rues qui portent leur nom.

Si l’histoire sur Manas occupe la place importante dans la culture traditionnelle kirghize, aussi bien que dans le caractère, psychologie,  spiritualité des Kirghiz, les manastchys jouissent de l’estime particulière dans la culture kirghize. Les manastchys (ce ne sont, de tradition,  que les hommes, mais, tout de même, on peut citer, parmi les manastchys, quelques femmes) alternent le style rapide de déclamation (pendant la narration de l’information réelle) et le récitatif très rythmé (pendant l’exécution de dialogues et de discours indirect). Ils utilisent–en qualité de partie intégrante de leur exécution– des gestes dramatiques, des variations d’intonation, le mimique. Tout cela se fait pour retenir l’attention du publique. Même si vous avez de la chance d’assister au concert  de manastchys dans la ville, vous devriez écouter un concert pareil au djaïloo– en plein air (comme cela se faisait aux temps éloignés).

La liste de quelques manastchys éminents :

Saguinbay Orozbakov (1876-1930) est né au village Kabyrga de la région Issyk-Keul. Sa carrière de manastchy a été commencée à l’âge de 15 ans. Sa version de poésie épique a été réécrite entre les années 1922 –1926 et est reconnue  variante classique contenant 180387 lignes.

Sayakbay Karalaev (1894-1971), est présent sur le billet de banque de 500 som.

Toktogoul Satylganov (1864-1933),  est présent sur le billet de banque de 1000 som.

Togolok Moldo (1860-1942), est présent sur le billet de banque de 20 som. Il était le premier manastchy qui a écrit le texte exécuté.

Seydéné Moldoké kyzy (née en 1922) – une des femmes manastchys peu nombreuses. Elle est née dans la vallée de Ketmen-Teubeu et, inspirée par le grand manastchy Toktogoul, elle a commencé à raconter une partie de la poésie épique nommée « Sémétey ». À la période initiale de sa carrière de manastchy elle a visité Talas et autres endroits ayant rapport au héros.